
L'Association Internationale des Écrivains Ouïghours lance une initiative mondiale pour protéger l'identité culturelle et documenter la créativité littéraire
L'Association Internationale des Écrivains Ouïghours a annoncé le lancement d'une initiative stratégique majeure pour 2026 visant à internationaliser la littérature ouïghoure et à protéger le patrimoine islamique au Turkestan oriental contre les tentatives d'effacement systématique.
Référence de l'article
L'Association Internationale des Écrivains Ouïghours a annoncé le lancement d'une initiative stratégique majeure pour 2026 visant à internationaliser la littérature ouïghoure et à protéger le patrimoine islamique au Turkestan oriental contre les tentatives d'effacement systématique.
- L'Association Internationale des Écrivains Ouïghours a annoncé le lancement d'une initiative stratégique majeure pour 2026 visant à internationaliser la littérature ouïghoure et à protéger le patrimoine islamique au Turkestan oriental contre les tentatives d'effacement systématique.
- Catégorie
- Héritage de la Résistance
- Auteur
- Jody Davis (@jodydavis)
- Publié
- 1 mars 2026 à 01:24
- Mis à jour
- 1 mai 2026 à 13:52
- Accès
- Article public
Éveiller la plume face à l'effacement : une initiative mondiale pour protéger l'identité
Dans une démarche stratégique reflétant la détermination de la nation ouïghoure à assurer sa survie civilisationnelle, l'**Association Internationale des Écrivains Ouïghours** (connue internationalement sous le nom de Centre PEN Ouïghour) a annoncé le lancement de l'« Initiative mondiale globale pour la protection de l'identité culturelle et la documentation de la créativité littéraire ». Cette initiative intervient à un moment critique où les musulmans du Turkestan oriental (Xinjiang) font face à des campagnes intensives visant à fondre leur identité islamique et turcique dans un moule culturel chinois unifié [uyghurcongress.org](https://www.uyghurcongress.org).
Cette initiative, dont les activités fondatrices ont débuté début 2026, est considérée comme un « djihad par la parole » cherchant à porter la voix ouïghoure de l'oubli vers les plateformes d'influence mondiale. Elle comprend plusieurs volets, notamment l'archivage numérique, la traduction littéraire à grande échelle et la pression diplomatique culturelle au sein d'organisations internationales telles que l'UNESCO et la Fédération internationale des écrivains [pen-international.org](https://www.pen-international.org/uyghur-pen-centre).
Documenter la créativité derrière les barreaux : l'anthologie « Âmes emprisonnées »
L'un des piliers majeurs de cette nouvelle initiative est le projet de documentation de la littérature carcérale, qui a récemment abouti à la publication d'une anthologie poétique intitulée **« Âmes emprisonnées : poèmes de prisonniers ouïghours en Chine »**, sous la direction du poète et universitaire Aziz Isa Elkun, président de l'association [uyghurpen.org](https://www.uyghurpen.org/2026/01/07/bearing-witness-to-imprisoned-souls/). Ce travail vise à rassembler les poèmes sortis clandestinement des camps de détention et des prisons, pour servir de témoignage littéraire et historique sur la souffrance humaine et l'esprit de foi que les murs n'ont pu briser.
En décembre 2025, la capitale britannique, Londres, a accueilli une grande cérémonie de lancement de ce recueil. Les participants y ont souligné que l'écriture de poésie au Turkestan oriental est devenue en soi une accusation menant à l'emprisonnement, comme ce fut le cas pour le célèbre poète Adil Tuniyaz et d'autres intellectuels victimes de disparitions forcées [ohchr.org](https://www.ohchr.org/en/press-releases/2025/10/un-experts-urge-china-end-repression-uyghur-and-cultural-expression-minorities). Documenter ces œuvres n'est pas seulement une activité littéraire, c'est un acte de résistance pour restaurer la mémoire collective de la nation.
Instances internationales et engagement culturel : d'Istanbul à Munich
L'initiative ne se limite pas au domaine purement littéraire, mais s'étend à un vaste mouvement académique et diplomatique. En janvier 2026, la ville d'Istanbul a accueilli une réunion élargie de turcologues ouïghours pour discuter des moyens de contrer le déclin des études sur la langue ouïghoure et le manque d'enseignants dans la diaspora [uygurnews.com](https://uygurnews.com/january-2026-uygur-news/). Les participants ont insisté sur la nécessité de créer des centres de recherche indépendants soutenus par la nation islamique pour préserver la langue dans laquelle ont été écrits le « Qutadgu Bilig » (La science du bonheur) et d'autres trésors de la littérature islamique.
L'association se prépare également à participer au **Troisième Sommet Ouïghour** prévu à Munich en mai 2026. L'initiative y sera présentée aux leaders d'opinion et aux politiciens internationaux pour exiger la protection du « patrimoine culturel immatériel » des Ouïghours, que Pékin utilise comme outil de propagande touristique tout en empêchant ses propriétaires originels de le pratiquer librement [uhrp.org](https://uhrp.org/report/extracting-cultural-resources-the-exploitation-and-criminalization-of-uyghur-heritage/).
L'identité islamique au cœur du conflit culturel
D'un point de vue islamique authentique, l'Association Internationale des Écrivains Ouïghours considère que l'attaque contre la littérature est une attaque contre la religion ; la littérature ouïghoure à travers les âges a été étroitement liée aux valeurs islamiques, au soufisme et à la poésie morale. Les tentatives de la Chine de remplacer les caractères arabes (utilisés pour écrire l'ouïghour) ou de déformer les textes historiques pour les dépouiller de leur caractère islamique représentent une menace existentielle pour une partie vitale de la nation islamique [uyghurstudy.org](https://uyghurstudy.org/islam-is-an-indispensable-part-of-uyghur-culture/).
L'initiative cherche à renforcer les liens avec le monde arabe et islamique en traduisant des romans ouïghours modernes en langue arabe. Un exemple récent de cette orientation est la célébration du roman **« La Voix Éternelle »** de l'écrivain Talat Baki Mulahajioğlu, présenté à Almaty en juillet 2025, qui traite de la lutte des Ouïghours pour la liberté et la dignité [uyghurpen.org](https://www.uyghurpen.org/2025/08/11/almaty-hosts-presentation-of-the-novel-eternal-voice/).
Défis de la surveillance numérique et de la « prison à ciel ouvert »
Cette initiative intervient alors que la répression au Turkestan oriental s'est transformée en ce que les chercheurs décrivent comme une « prison numérique à ciel ouvert ». Dans une interview récente réalisée en février 2026, le chercheur Muhammad Amin al-Uyghuri a expliqué que les autorités chinoises sont passées d'une répression brutale à une « institutionnalisation légale » et une surveillance biométrique, rendant la documentation de la créativité à l'intérieur de la région presque impossible [arabi21.com](https://arabi21.com/story/1572435/).
Par conséquent, l'initiative mondiale se concentre sur l'autonomisation des écrivains en exil pour qu'ils soient la voix de ceux qui n'en ont pas. L'association travaille au développement d'une plateforme numérique sécurisée permettant aux écrivains à l'intérieur de la région d'envoyer leurs textes pour publication sous pseudonyme, tout en garantissant leur protection contre la persécution transfrontalière exercée par les services de sécurité chinois contre les opposants à l'étranger [campaignforuyghurs.org](https://campaignforuyghurs.org/uyghur-policy-act-of-2025-advances-in-congress/).
Appel à la nation islamique et aux intellectuels libres
L'Association Internationale des Écrivains Ouïghours conclut son initiative par un appel chaleureux aux institutions culturelles du monde islamique, en tête desquelles l'Organisation de la Coopération Islamique (OCI), pour qu'elles adoptent des projets de protection du patrimoine ouïghour. La préservation de la littérature ouïghoure n'est pas une question ethnique, mais un devoir religieux et civilisationnel pour protéger un rempart de la culture islamique en Asie centrale [islamonline.net](https://islamonline.net/الأويغور-التاريخ-المجهول/).
Le succès de cette initiative dépend de la capacité de la communauté internationale, et des musulmans en particulier, à réaliser que la bataille des Ouïghours aujourd'hui est celle de la mémoire contre l'oubli, et celle de la plume contre les chaînes. Comme l'a dit le regretté poète ouïghour Turgun Almas : « La mort commence par la mémoire », la vie commence donc par sa récupération et sa documentation pour les générations futures.
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